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Pour faire suite au volet sur l’organisation – à savoir les acteurs de la gouvernance (voir la partie 2 de cet article) – passons maintenant au troisième pilier de la gouvernance des données en entreprise : la gestion du patrimoine informationnel.

Au cours des années, les entreprises accumulent des données sur leurs clients, leurs activités, leurs expériences – heureuses ou malheureuses – créant et enrichissant quotidiennement un patrimoine informationnel considéré de plus en plus par les organismes internationaux (OCDE, CE, IFRS…) comme un « actif incorporel » majeur de l’entreprise et devant apparaître dans le haut des bilans financiers avec des règles d’appréciation ou de dépréciation.

Dans ce contexte, la gestion du patrimoine informationnel est comparable à la gestion d’un portefeuille financier comprenant des actions, des obligations, des valeurs immobilières, etc. L’objectif est de minimiser les coûts et de maximiser la valeur de son capital en respectant des règles établies tant en interne qu’en externe, et en minimisant les risques. Il en est de même pour les données car les gestionnaires se doivent de minimiser les coûts et d'augmenter la valeur en respectant les règles de la gouvernance internes et externes qui imposent leurs contraintes.

patrimoine informationnel schéma

Les coûts

Dans les coûts de cet actif incorporel peuvent être comptabilisés :

  • Les coûts directs : acquisition, stockage, traitement… il s’agit des budgets de fonctionnement.
  • Les coûts indirects : manque de qualité, perte de productivité...
  • Les coûts cachés : erreurs de facturation en faveur des clients, pour l’e-commerce colis perdus et réexpéditions à perte, retards dans les projets, perte de crédibilité auprès de la clientèle…

Ces coûts, lorsqu’ils sont évalués sérieusement, donnent le vertige. A titre d’exemple, il a été calculé que, pour une simple base de données d’environ 200 tables de 5000 lignes chacune, un taux de 4% - considéré par nombre de spécialistes comme un taux d’erreur très faible – d’erreurs de données, les coûts globaux directs, indirects et cachés s’élèvent à plus de 200.000 € par an.

Et la valeur dans tout ça ?

L’autre aspect important de la gestion du patrimoine informationnel est la valorisation des données.

S’il est naturellement accepté que les données sont vitales pour l’entreprise, comment valoriser celles-ci ? Qui plus est sur le long terme ? Et comment calculer le coût de leur performance ? Le but étant d’une part d’adapter les offres par rapport à sa clientèle et à l’évolution des besoins de celle-ci, et d’autre part de développer de nouveaux services, c’est-à-dire de nouvelles sources de revenus.

Pour cela, la découverte des données (data discovery) et l’analyse prédictive sont des outils-clés pour utiliser et tirer parti de la valeur des données internes à l’entreprise. La dernière chose qu’une entreprise souhaite est de passer à côté de bénéfices substantiels car elle n’aurait pas été capable de prédire l’évolution de son marché par l’analyse des données de ses clients et produits.

Dans le même ordre d’idées, l’analyse des données permet d’améliorer en continu la qualité des produits et les performances des processus de l’entreprise.

Enfin, le troisième volet de la valorisation est l’accroissement de la connaissance de l’entreprise par l’utilisation de données externes disponibles. Les techniques du big data et de l’intelligence artificielle, en s’appuyant à la fois sur les données internes et sur des données externes, permettent d’élargir le champ de la connaissance de l’entreprise que ce soit dans le domaine de la connaissance des clients et de leurs comportements, dans celui de la connaissance des savoir-faire ou dans d’autres domaines.

Ce type de valorisation donne des avantages concurrentiels et une flexibilité importante à l’entreprise confrontée de plus en plus à une concurrence pouvant venir de toutes parts.

En résumé, une bonne gouvernance permettra de rationaliser les coûts (applicatifs et autres), d’optimiser le rendement et de prédire les besoins métiers. Sans freiner le bon fonctionnement de l’entreprise.

Dans la quatrième partie de notre série sur la gouvernance des données, nous passerons au sujet important du contrôle (ou la mise en place de mécanismes pour s’assurer que les règles définies sont bien appliquées).

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Auteur(s): 

Muriel Adamski, Dominique Orban de Xivry