French

D’après l’enquête IT Priorities 2017 de Computer Weekly/TechTarget*, la plupart des chefs d’entreprise du Royaume-Uni ayant répondu à l’enquête ne prévoient pas d’augmenter le budget réservé à l’informatique, et seulement 33% d’entre eux pensent l’augmenter légèrement. Dans ce cadre, les budgets seront principalement alloués aux services du cloud, aux logiciels et à la récupération après sinistre. La même étude menée auprès d’entreprises du Benelux indique que le budget IT va augmenter de 28% au total, tandis que la plupart des ressources sont externalisées par manque de talents disponibles en interne.

Outre les besoins typiques d’une entreprise en relation avec sa clientèle (ERP, CRM…), l’analyse des données de masse se retrouve en tête de la liste des nouveaux projets pour 2017. Du côté de la sécurité, les accès se faisant de plus en plus couramment via les appareils mobiles, un tiers des répondants envisage sérieusement d’en accroître l’utilisation et donc la sécurité des points d’accès est à renforcer en premier. L’automatisation est également un sujet qui revient en bonne place du classement global.

La part du gâteau la plus importante sera donc allouée en 2017 au cloud, pas uniquement à des fins de stockage de données, mais aussi pour les applications de messagerie et de comptabilité.

On pourrait presque penser que le service informatique est devenu en quelque sorte le parent pauvre de l’organisation, ce qui est un comble à l’âge de la transformation numérique !

IT keyboard

Pourquoi cette évolution contraire au principe-même de l’utilité de l’IT ? Comment l’ère du Big Data, par exemple, n’a-t-elle pas été mieux anticipée et surtout pourquoi les entreprises ont-elles tant tardé à agir ? On peut aller jusqu’à imaginer que si les départements concernés avaient mieux anticipé la situation, un tel besoin urgent de mise à niveau de la gouvernance de l’information ne serait peut-être pas nécessaire.

Petites et moyennes entreprises : manque de moyens matériaux et humains, mais aussi manque d’ambition ?

S’il est vrai que chaque intervenant à tous les niveaux doit jouer le jeu en acceptant les innovations pour ce qu’elles sont – une opportunité de produire plus et mieux – la culture d’entreprise doit inviter à cette évolution naturelle. Les responsables de département devraient être les premiers convaincus de la nécessité d’optimisation des outils et des processus; hors en situation réelle, nous avons tous eu l’expérience d’un manager réfractaire au changement. Dans ce cas, comment inspirer les équipes à accepter à bras ouverts l’évolution technologique ? L’inspiration doit venir du haut de la pyramide si l’on veut que la base en soit solide.

Mais une certaine immuabilité du management est-elle la seule responsable du statu quo généralisé ? Les services informatiques ne sont pas juste là pour assurer le bon fonctionnement des outillages, et pourtant bon nombre d’entreprises sont confrontées à cet état de fait. Si à une époque maintenant révolue les sociétés pouvaient se contenter d’une efficacité opérationnelle longtemps jugée suffisante, le numérique a fait exploser le nombre de données collectées et la nécessité de développer des environnements de stockage et de traitement. Si le travail en silos pouvait se justifier au début, il est devenu rapidement évident qu’un type de stockage plus efficace serait absolument utile au traitement des mégadonnées. Hors, combien de sociétés travaillent-elles encore en 2017 avec un environnement archaïque en venant poser des « rustines » lorsque le système menace d’éclater ?

L’autre danger d’une transformation numérique mal anticipée est que les collaborateurs prennent plus facilement l’initiative de trouver des solutions de partage, voire de communication, pour leurs propres besoins professionnels, sans passer par le service informatique. Cette façon de court-circuiter le département responsable peut s’avérer être un danger au niveau de la sécurité, mais relève d’une forme d’initiative et de besoin d’efficacité que l’IT n’est bien souvent pas capable de fournir rapidement par manque de moyens humains et/ou matériels, mais avouons-le aussi, parfois à cause de la politique d’entreprise ou d’une certaine forme de passéisme en interne.

Plus que jamais, le responsable du département informatique doit se penser en tant que leader, pas seulement dans son domaine de l’IT, mais dans une vision plus globale de l’entreprise. Son rôle n’est pas uniquement de répondre aux besoins informatiques de l’organisation, il doit faire preuve d’initiatives pour apporter une plus-value à son département, et au final, à l’entreprise.

*Source : 2017 IT Priorities: Benelux IT leaders least confident of budget increase et IT Priorities 2017: What will IT decision makers be focusing on?

Mots clés: 

Auteur: 

Muriel Adamski