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Interview par Le Cercle de Wallonie de notre CEO Dominique Orban de Xivry

Dominique Orban de Xivry : Le Big Data c'est l'or noir du 21ème et du 22ème siècles. Il est pour les entreprises une possibilité d'enfin mieux cibler leur clientèle et de la différencier en lui faisant des propositions de services plus percutants.

 

CWNetWork Dans chacune des actions quotidiennes, une entreprise brasse une quantité impressionnante de données : données socio-démographiques, habitudes de consommation, préférences. Dominique Orban de Xivry nous explique pourquoi ces informations représente une véritable mine d'or pour le business.

DODX : Le Big Data est une forme d'interrogation ou d'utilisation de toutes les données qui sont disponibles aujourd'hui, qu'elles soient sur Internet, soit en interne, soit en externe, et dans toutes leurs variétés, ça peut être aussi bien des textes que du son, des images ou des données numériques, etc.

Aujourd'hui le Big Data est utilisé essentiellement en termes de prévention, d'analyse pour comprendre des phénomènes qu'on ne pourrait pas identifier autrement que sur des grands volumes. Typiquement si on prend 1% de cas sur 1000 données, ça ne fait que 10 données et ça n'est pas très significatif, par contre si vous avez 100 millions de données et que vous avez 10 millions de données qui sont dans la même situation, vous pouvez vous posez légitimement de bonnes questions. Voilà, c'est essentiellement ça, la première phase c'est ce qu'on appelle la compréhension.

La deuxième phase du phénomène est après, une fois que j'ai compris, alors je peux prévenir et donc, on utilise ce genre de phénomènes de métadata pour faire de la prévention, notamment en maintenance industrielle ou dans le domaine du marketing parce qu'on sait que sur 10 millions de consommateurs qui ont acheté tel parfum, vous êtes dans cette situation-là et vous êtes candidat à acheter ce parfum. A partir du moment où les entreprises maîtrisent cette information ou ont accès à cette information, elles peuvent faire ce qu'on appelle du marketing différencié, d'une part mieux cibler leur clientèle et d'autre part leur faire des propositions différenciées de façon à être plus performants ou percutants par rapport à la cible qu'elles donnent.

Typiquement, pour prendre un exemple simple, aujourd'hui si vous vous inscrivez dans Facebook en disant « j'aime la cuisine épicée », vous faites partie d'un réseau de personnes qui aiment la cuisine épicée, admettons 10000 personnes dans le monde, si vous recoupez ça avec les gens qui habitent en Belgique, vous auriez un échantillon de 1000 personnes et à l'intérieur de ça, si vous êtes marchand d'épices, vous pouvez très bien dire « j'ai envie de faire une campagne sur le poivre » et à l'intérieur de cette population vous allez pouvoir identifier les personnes qui aiment le poivre, et donc les cibler, à la limite il y a 2 personnes à Namur, 3 à Verviers et à partir de là, vous savez à qui vous vous adressez, et allez pouvoir faire une promotion spécifique pour le poivre. Donc c'est à ça que ça sert et c'est de l'or en barre pour les entreprises pour mieux savoir quels sont les besoins de leur clientèle et être amenées à faire des proposisitons, etc.

Ce sont des techniques de ce type-là qui sont déjà utilisées par Amazon et d'autres grands marchands qui vous proposent, parce que vous êtes venus sur le site, ce qu'ils pensent ou ce qu'ils ont déduit que vous aimez.

Il y a un certain nombre de problématiques qui sont posées à travers ça, d'abord le plus évident est la confidentialité des données ou plutôt la vie privée et la protection de la vie privée, c'est-à-dire que ce n'est pas parce que j'ai dit que j'aimais le poivre que pour autant ça peut devenir public et un argument de vente ou d'achat, je souhaite que cette information reste privilégiée et ne soit pas diffusée à des « marchands », à mes yeux ça peut ne pas les regarder. Alors sur le poivre, ce n'est pas encore trop grave, mais quand il s'agit de problèmes de santé, ça peut être beaucoup plus grave et donc il y a un certain nombre de précautions à faire.

L'Union Européenne s'en occupe puisqu'elle a l'intention aujourd'hui de mettre un certain nombre de réglementations en place pour éviter ce genre de dérives. Mais c'est l'aspect le plus négatif, c'est l'aspect juridique, il y a bien entendu d'autres aspects beaucoup plus diffus et complexes qui sont effectivement comment arrêter ces machines car elles pourraient aller jusqu'au bout d'une certaine logique et amener à un certain nombre de catastrophes. Aujourd'hui on ne les voit pas encore arriver, mais donc restons optimistes, les hommes qui maîtrisent les machines pourront peut-être un jour continuer à les maîtriser.

Il y a des aspects positifs bien entendu, pour le business, il y a aussi un aspect auquel je tiens beaucoup, c'est qu'aujourd'hui on s'aperçoit que ce métier manque de compétences et qu'il va falloir former énormément de personnes. Il y a aujourd'hui autour du monde de la donnée, sans parler de Big Data en tant que tel, mais que le Big Data amène, à peu près une vingtaine de métiers différents dont en Belgique il n'existe pas de formation spécifique ni de possibilité, et pourtant nous avons besoin déjà aujourd'hui de ces gens-là qui sont formés à ces nouveaux métiers qui apparaissent brutalement et dont les entreprises ont besoin.

Il y a aujourd'hui en Belgique une entreprise qui utilise le Big Data parce qu'elle s'aperçoit que ses clients s'en vont et qu'effectivement la perte de clients était souvent liée à des phénomènes de réseaux, de personnes qui étaient en réseau, soit parce qu'elles habitaient le même quartier, soit parce qu'elles partagent des affinités, et quand il y en a un dans ce réseau qui part, très souvent par contamination on s'aperçoit que tous les gens du réseau quittent assez rapidement le même fournisseur. Et donc aujourd'hui cette entreprise tous les 3 mois se met à vérifier et à voir qui sont les gens qui partent pour pouvoir prévenir ses commerciaux et faire des contre-propositions dans l'autre sens.

Un autre exemple qui est assez intéressant, ce sont des sociétés qui analysent à travers tout ce qui est publié tout simplement sur Internet le comportement de leurs concurrents pour essayer de comprendre chez qui et pourquoi leurs comptes clients sont moins chers qu'eux. En particulier ils exploitent un certain nombre d'informations qui sont publiques et qui sont publiées par les journalistes pour savoir quelles sont les entreprises qui sont fournies par les concurrents et comment ces entreprises parviennent à fabriquer un certain nombre de choses.

Vers le site du Cercle de Wallonie

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